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Mardi, 21 avril 2026
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Le capital humain au cœur de l’entreprise : entretien avec Fabrizio Ciardiell

L’introduction de Fabrizio Ciardiello au monde financier luxembourgeois ne s’est pas faite dans un bureau de direction, mais à travers la distribution du courrier. Né en Suisse et ayant grandi entre la France, l'Italie et le Luxembourg, il a commencé son parcours en tant qu'étudiant à la Banque Européenne d'Investissement. Plus tard, alors qu’il poursuivait ses études, c’est en travaillant comme voiturier-bagagiste à la conciergerie de l'Hôtel Le Royal qu’il a eu un véritable déclic. Il y a appris que la compétence la plus précieuse dans le monde professionnel, peu importe le secteur, est la relation humaine.

C’est cette capacité de présentation et ce sens inné du service, couplés à sa maîtrise de plusieurs langues, qui lui ont ouvert les portes d'Edmond de Rothschild en 2006. Près de vingt ans plus tard, il y travaille toujours en tant que Client Relationship Manager. Fabrizio a naturellement endossé un autre rôle auprès de ses collègues : celui de confident et de médiateur. Il confie avoir toujours aimé aider les autres sans même savoir que cela s'apparentait au rôle d'un délégué. Viscéralement opposé à l'injustice, il précise toutefois que cette exigence d'équité doit s'appliquer dans les deux sens : un délégué doit savoir défendre un employé face à un patron abusif, mais il doit aussi savoir rester objectif si un employé dépasse les bornes.

Ce sens de la justice a pris une dimension très concrète en 2015. Cette année-là, une partie de l'activité de la banque a été sous-déléguée, entraînant le transfert de 150 personnes vers une autre entité. Fabrizio a pu observer de près l'impact des syndicats. Il a vu comment leur intervention a permis de rassurer les équipes et d'assurer une transition sans perte d'emploi. Ce fut une véritable révélation sur la nécessité d'avoir une représentation forte en interne.

L'histoire s'est répétée en 2024, lorsque la banque a décidé de se séparer de l'activité d'Asset Management. Pour Fabrizio et ses collègues, il n'était plus question de rester spectateurs de décisions qui allaient impacter leurs vies. Conscient que ces opérations entraînent souvent des dommages collatéraux,  ils ont décidé de monter leur  propre liste syndicale pour être au centre des négociations. Poussé par ses pairs qui appréciaient son profil rassembleur, Fabrizio, qui souhaitait initialement n'être qu'un simple suppléant pour parer au manque de temps, s'est retrouvé élu Président de la délégation avec la majorité des voix.

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Pour mener à bien cette mission, il a choisi l’ALEBA, un syndicat dont la philosophie correspondait parfaitement à son tempérament. Contrairement à d'autres organisations qu'il jugeait parfois trop politisées, il a trouvé au sein de l'ALEBA une approche diplomatique et sereine. L'objectif n'est pas de s'opposer par principe, mais de trouver des solutions durables à travers la discussion. Cette méthode porte ses fruits au quotidien : sa délégation, composée de membres qui se connaissent pour la plupart depuis plus de quinze ans, a su instaurer un climat de confiance solide avec la direction. Lors de récentes réorganisations internes, cette position de neutralité bienveillante leur a permis de désamorcer des tensions entre certains services et la direction, en aidant chaque partie à faire un pas vers l'autre.

Quand on l'interroge sur l'avenir du monde du travail, Fabrizio insiste sur un retour urgent aux fondamentaux. Pour lui, une entreprise ne peut tout simplement pas fonctionner sans ses employés ; le capital humain doit donc redevenir la priorité absolue des comités de direction. Les conventions collectives et l'action des syndicats comme l'ALEBA sont, selon lui, les seules véritables assurances pour protéger les travailleurs contre cette dérive de rentabilité à tout prix.

Même face aux bouleversements annoncés par l'intelligence artificielle dans le secteur financier luxembourgeois — notamment pour les fonctions desupport , son pragmatisme reprend le dessus. S'il reconnaît que l'IA va transformer le marché, il préfère la voir comme un outil qui, à l'instar de l'arrivée de la calculatrice, libérera du temps pour des tâches à plus forte valeur ajoutée. Et surtout, il rappelle que le contact humain, celui-là même qui l'a propulsé de l'Hôtel Le Royal à la présidence d'une délégation, ne pourra jamais être automatisé.

À ceux qui débutent aujourd'hui leur carrière professionnelle, le conseil de Fabrizio se résume en trois piliers : se syndiquer le plus tôt possible pour être bien conseillé, s'efforcer de voir des solutions plutôt que des problèmes, et toujours soigner ses relations humaines. Car comme il le rappelle avec l'expérience de ses vingt années de carrière, le bien que l'on fait aux autres finit toujours par nous revenir.

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